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Décryptage des étiquettes alimentaires : les pièges cachés derrière les portions

Joseph Health (Texas), résume dans un segment diffusé par la chaîne KBTX le piège le plus banal des étiquettes alimentaires: un pot de glace étiqueté pour quatre portions, alors que la majorité des…

Décryptage des étiquettes alimentaires : les pièges cachés derrière les portions

Étiquettes alimentaires: les angles morts que pointe une diététicienne américaine

Michelle Dohrman, diététicienne diplômée à St. Joseph Health (Texas), résume dans un segment diffusé par la chaîne KBTX le piège le plus banal des étiquettes alimentaires: un pot de glace étiqueté pour quatre portions, alors que la majorité des consommateurs en font une seule. Calories, sucres et lipides sont alors quadruplés par rapport à ce qui est affiché sur l'étiquette. Ce décalage vaut aussi pour le sodium, systématiquement sous-estimé dès que l'emballage compte plus d'une portion. Trois seuils suffisent pourtant à remettre l'étiquette à l'endroit, que l'on circule en supermarché classique ou en magasin bio.

Combien fait vraiment « une portion »?

« Je pense que beaucoup de gens sont très perdus face à ces étiquettes, malheureusement, parce qu'elles contiennent beaucoup d'informations utiles quand on sait où regarder », résume Dohrman. Les tailles de portion indiquées sont standardisées pour permettre la comparaison entre produits similaires, et non pour décrire ce que l'on mange réellement, rappelle-t-elle. L'exemple Blue Bell (quatre portions par pot) illustre le piège: calories, glucides, lipides et sodium se retrouvent quadruplés dans l'assiette quand le consommateur avale le pot d'une traite, alors qu'il pense avoir consommé la portion officielle. Le mécanisme se reproduit à chaque fois qu'un emballage compte plusieurs portions — pots familiaux, plaquettes, grands paquets — et concerne aussi bien les rayons conventionnels que les linéaires bio.

Que valent les seuils à 5 % et 20 %?

Deux pourcentages suffisent à donner une grille de lecture stable. 5 % de la valeur quotidienne de référence signale un apport faible; 20 % signale un apport élevé. Dohrman recommande de chercher un pourcentage bas pour le sodium, les graisses saturées et les sucres ajoutés, et un pourcentage haut pour les fibres, le fer, la vitamine D, le calcium et le potassium. Le plafond de sodium recommandé reste fixé à 2 300 mg par jour, avec une vigilance accrue pour les personnes sujettes à la rétention d'eau ou aux problèmes cardiaques. Ces valeurs s'appuient sur un régime de référence à 2 000 kcal et ne s'appliquent pas mécaniquement à tous les profils: un sportif endurant, une personne âgée ou un adolescent n'ont pas les mêmes besoins quotidiens.

Comment adapter la lecture à son propre objectif?

Dohrman insiste: la lecture dépend de l'objectif de santé poursuivi, et l'étiquette n'a pas la même fonction pour chacun. Un suivi cardioprotecteur oriente vers la quantité et la source des gras, avec une restriction ferme sur les gras trans pour l'ensemble de la population, pas seulement les patients cardiaques. Un diabète déclaré pousse à scruter les glucides totaux et la teneur en sucres. Pour le reste, la règle ne bouge pas: portion réelle, multiplication par le nombre de portions, lecture des pourcentages. Au fond, les étiquettes fourmillent d'informations utiles — à condition de savoir où regarder. Un réflexe qui, en magasin bio comme en grande surface, sépare l'achat impulsif du choix documenté.

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