Passation de pouvoir au magasin Biocoop de Soyaux : un nouveau souffle pour le bio
Selon Charente Libre, Isabelle Sevegrand cède son fonds à Patrice et Jean-Michel Mathieu, deux frères qui reprennent un commerce de proximité fragilisé par trois années de crise du bio et l'érosion…

Le 1er août, à Soyaux, dans la zone de la Jaufertie, un magasin Biocoop a changé de main après huit ans de gérance solitaire. Selon Charente Libre, Isabelle Sevegrand cède son fonds à Patrice et Jean-Michel Mathieu, deux frères qui reprennent un commerce de proximité fragilisé par trois années de crise du bio et l'érosion du pouvoir d'achat des ménages.
Qui sont les repreneurs?
Patrice Mathieu n'arrive pas en terrain inconnu: il était animateur de réseau pour la coopérative Biocoop avant de franchir le pas. Avec son frère Jean-Michel, il met en avant les « valeurs » du modèle coopératif — un fonctionnement atypique en Europe, où sociétaires, gérants, salariés, producteurs et consommateurs cogèrent la stratégie de l'enseigne. Les deux frères revendiquent « une fibre particulière » pour tenir ce type de commerce, dans un secteur où la fidélisation de la clientèle repose autant sur la politique réseau que sur le panier moyen.
Huit ans sous pression
L'ancienne gérante, ex-directrice de communication dans l'industrie, avait ouvert son premier commerce en 2018. Son mandat a cumulé les chocs: mobilisation des gilets jaunes, Covid, trois ans de crise du bio, puis l'inflation qui a grignoté le pouvoir d'achat des consommateurs. Elle revendique une gestion « beaucoup sur le terrain », avec des dons d'invendus à l'épicerie sociale de Soyaux et aux étudiants, ainsi qu'une opération de nettoyage des rues dans la zone commerciale. Un engagement de proximité qui n'a pas protégé le point de vente des turbulences macro-économiques.
Ce qu'il faut surveiller
La passation intervient dans une filière sous tension. Les magasins bio indépendants voient leur marge brute comprimée par la concurrence des circuits généralistes et par une partie de la clientèle retournée vers le conventionnel dès que le différentiel de prix au kilo se creuse. Le réseau Biocoop tente parallèlement de densifier son maillage: un nouveau point de vente est annoncé début octobre dans le centre-ville de Nantes, d'après Ouest-France et infos-media-nantes.fr. Pour les repreneurs de Soyaux, l'enjeu sera de maintenir un panier moyen suffisant sans rogner sur le cahier des charges qui fait la valeur de l'enseigne — faute de quoi la « fibre particulière » promise risque de se heurter vite à la réalité des comptes d'exploitation.