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Pourquoi le label bio devient le moteur incontournable de la consommation responsable

La campagne multi-marques pilotée par Pip Organic au Royaume-Uni, dont se fait l'écho Retail Times, tombe à pic: derrière une croissance florissante — 83 % des ménages achètent désormais…

Pourquoi le label bio devient le moteur incontournable de la consommation responsable

Vous croyez encore que "bio" veut dire automatiquement "meilleur pour la santé"? Posez le paquet de biscuits "naturel" que vous tenez, et relisez l'étiquette. La campagne multi-marques pilotée par Pip Organic au Royaume-Uni, dont se fait l'écho Retail Times, tombe à pic: derrière une croissance florissante — 83 % des ménages achètent désormais régulièrement du bio selon la même source — un angle mort massif continue de freiner les consommateurs.

Le marché qui explose, et qui n'a rien d'un effet de mode

Comme le rapporte The Grocer, le bio britannique a vu ses volumes de vente progresser de 1,2 % l'an dernier, contre seulement 0,3 % pour le conventionnel, d'après l'Organic Market Report de Soil Association Certification. Le secteur pèse désormais 3,9 milliards de livres et a doublé en dix ans. Sainsbury's a dégainé des promos Nectar à moitié prix sur le bio du 10 au 13 septembre; M&S a baissé le tarif de plus de 50 références bio dans le cadre d'un investissement de 4 millions de livres. La cofondatrice de Pip Organic, Karen O'Flaherty, l'assène sans détour: les consommateurs comprennent désormais l'impact de leurs choix d'achat sur leur propre corps et sur l'avenir alimentaire. Traduction pour vos placards: le mouvement est devenu économique, pas seulement éthique.

"Naturel" n'est pas "bio" — c'est tout le piège

Voilà ce que la campagne britannique s'attache à corriger. Noel McDonald, fondateur de Biona, le pointe dans The Grocer: la confusion entre produit "naturel", non-ultra-transformé et produit réellement bio reste massive. Le terme "naturel" n'a aucune définition légale — il n'exige ni certification tierce ni cahier des charges cultural. Le logo bio, lui, impose des seuils stricts: pas de pesticides de synthèse, pas d'OGM, traçabilité encadrée. Or, selon une enquête Soil Association Certification relayée par The Grocer, seuls 44 % des Britanniques font confiance aux informations figurant sur les étiquettes. Et 51 % déclarent que le label bio renforcerait leur confiance — preuve que le sigle reste un repère solide, à condition de savoir le repérer.

Trois réflexes à adopter dès votre prochain passage en supérette bio

Premier: chassez les mots flous. "Naturel", "sans pesticides", "fermier", "pur jus" — aucune de ces mentions n'est encadrée par la loi. Seul un logo de certification tiers (AB, Ecocert, Soil Association pour l'import) garantit un cahier des charges vérifié. Deuxième: un produit bio transformé reste un produit transformé. Un biscuit bio ultra-formulé n'est pas un légume — votre indice glycémique ne vous en saura pas gré. Troisième: exigez la transparence sur l'origine. Comme le souligne Alex Cullen, directrice commerciale chez Soil Association Certification, un Organic Action Plan anglais se profile pour la première fois depuis 2002. Une approche coordonnée de la filière, qui reste à transposer — et à exiger — côté français.