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Pourquoi les pâtes complètes sont plus exposées au cadmium

Cadmium dans les pâtes: sortez du réflexe « complet »

Pourquoi les pâtes complètes sont plus exposées au cadmium

Le réflexe « plus c'est complet, plus c'est sain » a ses limites, et le dossier publié le 27 août 2026 par 60 Millions de consommateurs le démontre chiffres en main. Sur 36 références de pâtes analysées — classiques, complètes, sans gluten, protéinées — environ 80 % contenaient du cadmium, métal lourd classé cancérogène pour l'homme par le CIRC. Le piège chimique est limpide: le cadmium s'accumule dans les couches externes du grain, celles précisément que les pâtes complètes préservent. À l'inverse, les pâtes sans gluten à base de maïs et de riz en sont totalement dépourvues. Quand vous cherchez la sécurité, mieux vaut ralentir l'automatisme bio-complet.

Le blé dur concentre, le maïs dilue

Sur le plateau du test, les trois seules références totalement exemptes de cadmium étaient des pâtes sans gluten fabriquées à base de maïs et de riz — penne Marque Repère d'E.Leclerc, penne de l'enseigne U, et spaghetti Barilla. À l'autre extrémité, les pâtes au blé complet trustent les pires scores: jusqu'à 0,071 mg/kg pour certains spaghetti blé complet Barilla, contre 0,009 mg/kg pour les penne complètes Delverde — un écart proche de huit fois entre deux produits d'une même catégorie. Surprise du dossier: les spaghetti sans gluten Barilla et ses spaghetti Protein+ figurent eux aussi parmi les moins contaminés, ce qui confirme que la matrice céréales pèse plus que la marque.

Aucun des 36 paquets testés ne dépasse la limite européenne, fixée à 0,18 mg/kg pour le blé dur. Fabricants et distributeurs restent dans les clous, lots maintenus en rayon le jour même. Mais la réglementation n'a jamais rien garanti sur l'imprégnation réelle des organismes. Le cadmium entre aussi par le pain, les pommes de terre, les céréales du petit-déjeuner — pas seulement par les pâtes. L'Anses, dans son Étude de l'alimentation totale EAT3 publiée le 25 mars 2026, confirme une surexposition de la population française: 47,6 % des adultes dépassent le seuil critique mesuré dans les urines par l'étude Esteban de Santé publique France. Chez les enfants, 23 à 27 % dépassent la dose quotidienne jugée sûre, contre 1,4 à 1,7 % chez les adultes — un écart de plus de dix fois. Et le corps met entre 10 et 30 ans à éliminer la moitié seulement du cadmium absorbé.

Ce qui change vraiment vos courses

Premier réflexe: diversifiez les céréales. Alternez blé, riz, maïs, petit épeautre, sarrasin — quand la matrice change, la dilution du risque change avec. Le test le prouve, maïs et riz sortent indemnes, blé dur concentre.

Deuxième réflexe: scrutez l'origine. Le dossier note que les marques françaises comme Lustucru, Panzani ou Alpina Savoie privilégient du blé tricolore, quand les marques italiennes s'approvisionnent souvent en blé national, et que Barilla module ses sources selon les gammes et les marchés. C'est ici que la supérette bio de quartier reprend la main: elle connaît généralement son meunier et sa région de culture, ce qu'aucune étiquette industrielle ne vous dira. Demandez le nom du moulin, demandez la rotation des parcelles. Vous n'aurez pas un taux de cadmium garanti, mais une traçabilité que la grande distribution ne propose pas.

Troisième réflexe, à attendre côté réglementaire: aucune de ces teneurs ne figure sur les emballages, où seul l'étiquetage nutritionnel est obligatoire. Or, selon l'Anses et le rapport parlementaire cité, la contamination a augmenté dans près d'un tiers des aliments analysés depuis l'étude précédente, et elle a été multipliée par 3,5 dans les céréales du petit-déjeuner. Tant que le seuil européen ne sera pas abaissé et la transparence rendue obligatoire, vous choisirez à l'aveugle en rayon. Le bio, lui, ne lave pas du cadmium — seule la diversification céréales et la traçabilité paysanne vous rendent la main.

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