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Sécheresse : l'Inao assouplit les règles d'alimentation pour les élevages bio

Une mesure exceptionnelle, dictée par la sécheresse persistante et l'effondrement des stocks fourragers, obtenue après intervention des Jeunes agriculteurs et de la FNSEA auprès des pouvoirs publics…

Sécheresse : l'Inao assouplit les règles d'alimentation pour les élevages bio

Le cahier des charges bio passe en mode dégradé

À compter du 18 août 2026, l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao) autorise temporairement les éleveurs bio à intégrer certains aliments non biologiques dans la ration de leurs troupeaux. Une mesure exceptionnelle, dictée par la sécheresse persistante et l'effondrement des stocks fourragers, obtenue après intervention des Jeunes agriculteurs et de la FNSEA auprès des pouvoirs publics, comme le rapporte L'Union Agricole.

Pour qui tient un rayon viande ou laitier en supérette bio de proximité, l'annonce mérite qu'on s'y arrête: la porte dérogatoire s'ouvre plus largement qu'à l'accoutumée, sans qu'on dispose à ce jour du détail des taux autorisés ni de la liste exhaustive des denrées concernées.

Ce que dit — et ne dit pas — le texte publié

La note professionnelle consultée fixe le principe et la date d'entrée en vigueur — 18 août 2026 — mais s'arrête avant d'énumérer les aliments non bio éligibles. On ignore donc, à la rédaction de ces lignes, quelle part maximale de la ration pourra être substituée, combien de temps court précisément la dérogation, et sur quelle zone géographique elle s'applique. Trois inconnues que tout magasin bio engagé sur la traçabilité de ses producteurs devra exiger avant d'écouler un produit issu d'un troupeau concerné.

« Temporaire » reste le maître-mot du dispositif. Mais tant que la décision complète de l'Inao n'est pas publiée, le terme reste flou pour l'éleveur isolé face à un contrôleur — et a fortiori pour le consommateur qui paie sa viande ou son lait bio plus cher au kilo, sans disposer du détail du cahier des charges allégé.

Ce qu'il faut surveiller dans les semaines qui viennent

Premier point d'attention: la publication officielle de l'Inao, qui fixera le cadre opposable. C'est ce texte qui dira si l'opérateur peut continuer d'apposer le logo AB sur sa production, et selon quelles conditions documentaires.

Deuxième point: la traçabilité en rayon. Un éleveur ou un transformateur qui bascule sur une alimentation partiellement non bio doit être en mesure de le démontrer à tout moment. Si votre fournisseur ne peut pas répondre précisément à la question « quelle est la part de fourrage non bio dans la ration cet été, et sous quelle dérogation? », c'est un signal à prendre au sérieux.

Troisième point: la durée réelle de la mesure. Tant que la sécheresse persiste sur de larges territoires, le levier dérogatoire reste activable. Quand la pluie revient, la fenêtre se refermera — mais pas rétroactivement pour les animaux déjà engraissés avec du fourrage conventionnel. Le décalage entre la date d'abattage et la reprise fourragère pèsera sur l'étiquetage pendant plusieurs mois.