Argelès-Gazost : le collectif Court Circuit soutient les agriculteurs face à la sécheresse
Vous croyez que votre supérette bio de proximité pousse toute seule au coin de la rue, comme un cèpe après la pluie? Détrompez-vous.

Ce mardi 4 août, sur le marché d'Argelès-Gazost, le collectif citoyen et paysan Court Circuit a orchestré un geste symbolique — transporter l'eau de la fontaine du centre-ville jusqu'à une grande cuve installée sur la place — pour rappeler que derrière vos cageots de légumes bio, il y a des paysans qui étouffent sous la canicule. Comme le rapporte le correspondant de La Dépêche dans les Hautes-Pyrénées, les prénoms des agriculteurs en difficulté seront inscrits sur la cuve, encadrés par des affiches, des dessins et des slogans qui disent la peur du monde paysan.
Le geste: de l'eau, des prénoms, des slogans
L'opération tient en une image, et l'image est nette: faire couler l'eau à la main, en plein mois d'août, quand les nappes baissent, que les prairies grillent et que les robinets des fermes tournent au ralenti. Fréquence Luz installe un plateau radio au cœur du marché pour recueillir la parole des maraîchers, des éleveurs, des exploitants; les témoignages seront ensuite diffusés dans le magazine Vu d'ici. Pas de revendication abstraite, du témoignage brut — celui qui raconte ce que la sécheresse fait aux semis, aux fourrages, aux bêtes, à la trésorerie de fin d'été.
Court Circuit, deux ans à tirer la corde
Créé il y a près de deux ans, le collectif rassemble des citoyens et des agriculteurs du pays de Lourdes et des vallées des Gaves. Sa ligne de conduite est claire: défendre une agriculture paysanne, locale, biologique et accessible à tous. Il mène des actions de sensibilisation, soutient l'installation et la transmission des fermes, encourage des pratiques agricoles respectueuses du vivant. Le travail de l'ombre — celui qui ne fait pas la une quand les saisons sont clémentes — devient vital quand le climat déraille.
Ce qui brûle, et ce que vous pouvez faire
Depuis le printemps, les épisodes de canicule se succèdent: semis perturbés, fourrage qui manque pour nourrir l'élevage, cultures fragilisées. S'y ajoutent la raréfaction de l'eau, le retour de la fièvre catarrhale ovine et une incertitude économique tenace. Pour Court Circuit, la question agricole dépasse la ferme: elle touche à l'avenir de l'alimentation, des territoires, de la souveraineté alimentaire. Pour vous, habitué d'un point c'est bio, trois réflexes tiennent la route — repérez les collectifs locaux de type Court Circuit qui épaulent ces paysans en difficulté, privilégiez les circuits courts qui partagent la valeur ajoutée avec le producteur, acceptez — quand c'est possible — de payer le juste prix d'un légume qui a poussé sans filet plutôt que d'un fruit calibré qui a traversé trois frontières.